Le retour de la chasse au GASPI

La différence entre le champion cycliste et les aulnes ne se mesure pas seulement en termes de puissance mais fait également appel à des notions de biomécanique et d'aérodynamique.

Le retour de manivelle

"A plus t'appuies moins fort, à moins t'avances plus vite". Cette expression connue des cyclistes n'est peut-être pas aussi exacte qu'il n'y paraît de prime abord. En effet, grâce à des capteurs de force, il a pu être montré qu'un cycliste n'applique pas une force constante au cours d'un tour de pédale. De plus, l'efficacité mécanique de la transmission de la force exercée sur la pédale jusqu'à la roue arrière varie de façon dramatique au cours du cycle.

Lorsque la manivelle est en position horizontale, la force exercée sur la pédale est orientée perpendiculairement par rapport à la manivelle, donc la quasi-totalité de la force est transmise à la roue arrière.
Dans cette situation, la force du jarret est presque entièrement transformée en mouvement. Il suffit de soustraire 2 % de perte de frottement. La plage angulaire où l'efficacité mécanique est favorable se situe donc de part et d'autre de l'horizontale (manivelle de 60 à 120°). Inversement, lorsque les manivelles sont verticales, il est beaucoup plus délicat de transmettre des forces à la roue arrière car la majorité des forces exercées sur la pédale sont orientées essentiellement dans le même sens que la manivelle. Sauf à "pédaler rond". C'est facile à dire mais difficile à réaliser notamment lorsque les jambes tournent à plus de 70 tours/minute et en état d'épuisement dans une montée de col. Le malheureux cycliste se met alors à "piocher": fréquence de pédalage faible, mouvements de flexion-extension du buste et des bras, contractions musculaires importantes en fin d'extension du membre inférieur.

les shadocks tiraient

Le travail technique consiste dès lors à conserver un geste performant quelles que soient les conditions. En effet, bon nombre de cyclistes laissent paresseusement, sans s'en rendre compte, leur jambe arrière en appui sur la pédale qui remonte. Cela représente une perte d'énergie considérable compte tenu du poids d'un membre inférieur (une dizaine de kilos). Pour améliorer l'efficacité mécanique du pédalage et afin de recruter de nouvelles masses musculaires, en l'occurrence les ischio-jambiers, il est nécessaire de tirer sur la pédale lorsque la jambe remonte. Les pédales automatiques et un laçage de la chaussure bien ajusté facilitent grandement l'affaire. Un bon truc à réaliser à l'entraînement:
*dans une forte côte, pédalez avec une jambe puis essayez de maintenir cette phase de traction lors d'un pédalage normal. Et lorsque ce geste sera automatisé à faible fréquence, il sera temps de vous attacher à conserver une phase de traction lors du * *pédalage à haute fréquence.
Les pistards d'Allemagne de l'Est on utilisé avec succès un petit dispositif qui émettait un signal sonore chaque fois que la jambe qui remontait était en appui au lieu d'exercer une traction.

A chacun sa danseuse 

Sur terrain plat, les résistances aérodynamiques représentent l'essentiel des forces qui s'opposent au déplacement et les diminuer représente un premier moyen pour améliorer l'économie de déplacement. L'origine de la traînée aérodynamique réside dans l'asymétrie de pression qui règne entre l'avant et l'arrière du cycliste. Le déplacement détermine une augmentation de la pression de l'air à l'avant du cycliste ainsi qu'une dépression dans son sillage. Cette dernière est à l'origine du phénomène d'aspiration très apprécié des coureurs. De façon plus technique, la différence de pression qui règne entre l'avant et l'arrière du cycliste en mouvement est à l'origine de la traînée de pression qui représente l'essentiel des résistances aérodynamiques (3, 6). Cette force qui s'oppose à l'avancement est due à l'énergie dissipée pour modifier la trajectoire des filets d'air. A l'avant, leur écoulement est modifié pour leur permettre de suivre les contours du cycliste.

A l'arrière, ils sont aussi déviés car ils modifient leur trajectoire en raison de la dépressionqui règne à ce niveau. Plus loin en arrière, la confusion règne:
les filets d'air se percutent et tourbillonnent. Il est facile de visualiser ce phénomène en regardant le sillage d'un bateau. L'eau y est agitée, des tourbillons se forment. Or, l'air est un fluide au même titre que l'eau et les mêmes phénomènes surviennent dans ces deux milieux. Grâce au phénomène d'aspiration, le fait de réussir à se placer immédiatement derrière un autre cycliste permet d'épargner jusqu'à 30°/ d'énergie , ce qui explique pourquoi des routiers organisés en peloton peuvent augmenter de 15 km/h leur vitesse de déplacement par rapport à la vitesse qu'ils pourraient maintenir seul contre le vent .


Toutefois, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la place la plus favorable dans un peloton n'est pas la dernière mais l'avant-dernière pour éviter précisément la formation de tourbillons dans son sillage.
La hauteur de la selle était mesurée entre le sommet (de la selle au niveau du tube de selle et l'axe de la pédale lorsque cette dernière est en bas. La longueur de la jambe est mesurée entre le pubis et le sol avec les pieds nus écartés de +/- 10 cm.